JPJJ’ai le cœur encore et toujours meurtris. Très meurtris  de voir la jeunesse guinéenne sombrée dans le chômage, dans l’abandon de ses démons ainés. Une jeunesse victime de son éducation, de sa formation. Le constat est amer !

 

En Guinée, mon pays, être jeune n’est nullement pas facile car l’héritage légué par nos vieux est très lourd et amère à gérer. Oui ! On me dira c’est malédiction commune pour l’Afrique, c’est vrai, mais pour le cas guinéen, c’est encore dramatique.

 

Le problème du chômage  et l’abandon des jeunes en Guinée est plus complexe que dans les autres pays de la sous-région. Est-ce que  la lente croissance de son économie qui ne permet pas de créer suffisamment d’emplois pour le grand nombre de diplômés qui arrivent chaque année sur le marché, le manque d’initiatives entrepreneuriales chez les jeunes ou simplement par manque de volonté politique de nos dirigeants ?

 

Notre pays, ne se préoccupe pas de sa jeunesse, laissée à elle-même. La situation de ces jeunes est plus que catastrophique. Sa misère s’explique  par la mauvaise gouvernance de nos aînés tournée  vers le mensonge, la manipulation, le népotisme et que je-sais encore.

 

Les conséquences d’une telle exclusion des jeunes se concrétisent actuellement par un chômage chronique, des sans emplois, la prostitution des jeunes, le vol, la délinquance, le trafic et la consommation de la drogue, l’alcoolisme, la mauvaise éducation ou  formation et l’utilisation de ces jeunes à des fins politiques. Le phénomène le plus récurent de nos jours, c’est l’immigration illégale avec tout son drame au quotidien.

 

Combien de nos compatriotes sont refoulés par les eaux fâcheuses de Lampedusa, de Las palmas, les Iles Canaris et ailleurs ? Combien de nos compatriotes assassinés et continuent tristement à croupir dans les geôles angolaises ? Combien sont-ils accueillis dans de centres d’accueil pour clandestins ? Et encore combien au pays sont toujours candidats à ces aventures risquées à la recherche d’un lendemain soit disant meilleur ? La liste est loin d’être exhaustive.

 

La Guinée, c’est un pays injuste et  égoïste à l’égard de sa jeunesse. Le vieillissement actuel du personnel de l’administration dans notre pays est l’exemple même de ce mécanisme de blocage de responsabilité et d’insertion socioprofessionnelle. C’est difficile de comprendre la situation actuelle de jeunes dans notre pays.

 

Dans tous les cas donc, nous devons, quoiqu’il en soit tout reconstruire et d’abord les valeurs intellectuelles et humaines, sans lesquelles, il est difficiles de parler d’avenir de cette jeunesse, surtout quant on sait le jeune d’aujourd’hui est appelé à être l’adulte de demain. A chacun donc de prendre sa responsabilité !

 

 Ibrahima DIALLO, Enfant prodige.

Président de l’AJEPH