VIE ASSOCIATIVE ET EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE

Oui, on peut bien ajouter l’expérience de la vie associative dans son CV! Beaucoup parmi nous oublient de le faire ou bien ne savent comment le faire mais la vie associative est l’une des meilleures actions humanitaires et/ou de volontariat qu’on puisse avoir. « Vous travaillez pour le bonheur d’une communauté sans demander de compensations en retour ». C’est bien ça ?

Voilà qui est nettement apprécié en milieu professionnel et par les organisations internationales (onusiennes surtout) mais voilà qui démontre aussi votre détermination à soutenir les nécessiteux par vos acquis et vos compétences (vos ressources). C’est bien que cette expérience ne soit pas que celle d’un simple membre mais celle d’un membre actif dans une organisation/association active. Ça ne veut pas dire non plus que vous devez forcement occuper un poste de responsabilité pour AGIR non plus.

Un simple membre peut contribuer à l’organisation d’une journée de reboisement, de sensibilisation ou de mobilisation sociale ; il peut profiter de la création des commissions d’organisation pour s’y mettre ou bien profiter des élections pour occuper un poste de responsabilité et être vraiment actif (visiblement utile). Il n’y a pas à craindre à occuper un poste car généralement même en milieu professionnel votre employeur vous formera ou vous orientera dès qu’il vous recrute. Vous devez donc être curieux et bien déterminés à apprendre et vous maitriserez ce dont vous avez besoin pour bien fonctionner.

Pour bien réussir sa vie ou son expérience associative il faut vraiment être actif ; participer aux réunions (présence physique), partager ses idées (présence morale), contribuer ses biens (cotisations et dons), et sacrifier ses talents pour la réussite de l’ensemble. Au cas où vous occupez un poste, changez la routine ! Yandi ! Intéressez-vous plutôt à votre impact, ce qui est visible et utilisable dans le long terme.

Pour ce faire, si vous organisez un match de football (comme c’est souvent le cas), rendez-le utile en sensibilisant sur le SIDA, le mariage, le reboisement, l’agriculture ou en distribuant des cadeaux (cahiers, livres, etc) aux meilleurs élèves devant tout le monde. Les matchs sont souvent transmis en direct, non !? Votre sensibilisation sera en direct aussi et touchera beaucoup plus que les membres. Plus important vous contribuerez sans le savoir à pousser une autre communauté, une autre association à AGIR comme vous ou du moins à se mesurer à la vôtre. Voilà une tache d’huile ! Voilà un impact ! Changez la routine en jouant votre rôle comme si c’était vraiment votre emploi pour lequel vous sortez le matin et revenez le soir. Si vraiment ce n’est pas votre emploi, sachez que les recruteurs, tous fans du volontariat et de l’humanitaire, vous demanderont ce que concrètement vous avez fait de votre expérience en association. Par-dessus tout l’islam nous enseigne que chacun de nous est comptable de ses actes (et responsabilités).

Espérons que vous ne vous limiterez pas à dire que vous étiez simple membre ou simple responsable qui recevait et exécutait des ordres de l’assemblée générale.
S’il vous plait mettez cette expérience dans vos CV et citez les activités (expériences) pertinentes liées à votre carrière. Mais faudrait pas les citer sans les avoir vraiment fait s’il vous plait car un membre qui ment pour ou sur une organisation peut la nuire définitivement(Attention!).
Ajouter cette expérience dans votre CV peut réduire beaucoup d’espaces vides dans vos CV et permettra à votre potentiel recruteur de savoir que vous ne vous limitez pas seulement à subir ce qu’un système en faillite vous a imposé. «La recherche de l’emploi doit être un emploi à temps plein », c’est pas moi qui le dis. Bonne chance à tous les chômeurs de Herico! Juste ma modeste contribution.

Abdoul Khalighi DIALLO (Environnementaliste)

ONG AJEED (Association Guinéenne d’Eveil au Développement Durable)

Naissance de L’Union pour le Développement de Hérico – Canada (UDHC)

UDHLes ressortissants de Hérico vivant au Canada se sont donné la main pour mettre sur pied une association dont le but est de renforcer leurs liens et contribuer au développement de leur sous-préfecture. À cet effet, une assemblée constitutive a eu lieu à Montréal il y a quelques mois, en présence de plusieurs membres de la communauté.  Lors de cette rencontre, un bureau exécutif composé de 4 personnes, a été mis en place pour coordonner les différentes initiatives des membres.  Les membres du bureau exécutif se sont assurés d’effectuer les démarches requises afin de donner à l’UDHC une existence légale au Canada.

Une des priorités d’intervention de la nouvelle association sera l’éducation. Toutefois, les besoins de la sous-préfecture étant variés, les ressortissants s’engagent à soutenir, autant que possible, toute initiative dont les retombées bénéficieront à la population de Hérico.

Par ailleurs, pour nouer et renforce les liens entre les membres de la communauté, il a été convenu d’organiser une activité sociale au moins une fois par année.

HERICO : Ces métiers et prestations qui changent la vie de la population

L’agriculture sur brûlis, l’élevage traditionnel et le petit commerce constituent les principales activités économiques de la population de Herico. A cela, s’ajoutent les métiers de la maçonnerie,  de la menuiserie, de la forge, de la briqueterie, de la boulangerie, de la cueillette, etc.

De nos jours, d’autres métiers et prestations de services qui sont des véritables sources de revenus pour cette population notamment chez les jeunes se greffent à ceux traditionnels.

Malgré l’absence de l’électricité,  mais la percée progressive des NTICs (la téléphonie), on constate la présence des ateliers de soudure, des garages à moto, des ateliers de couture, de coins de coiffures, des petits bars, des vidéos clubs, des services de transfert d’argents, taxi motos, etc. A travers ces activités, les jeunes se tirent d’affaires et arrivent à entretenir des nombreux foyers sans forcément tenter l’exil ailleurs.

Interrogé, Maître Kanté,  soudeur de profession, affirme : « … il y’a quelques mois que je me suis installé ici. Je fais fonctionner mon atelier avec un petit groupe électrogène. Je fabrique de portes, de fenêtres, de fourneaux, de brouettes et autres outils de travail. Mon objectif, c’est de travailler ici tout ce que les clients demandent sans désormais importer les matériels ailleurs. Qu’on reste à Herico et acheter ce qu’on veut à un prix abordable. C’est une manière d’aider notre population, d’apprendre ce métier à d’autres jeunes pour leur véritable autonomisation. J’invite tout le monde à nous faire confiance et nous encourager en faisant des commandes chez nous ».

Un autre mécanicien répond que son garage apporte une grande utilité aux propriétaires des motos. Les mardis et mercredis il est débordé avec les clients. On l’appelle de partout pour effectuer des dépannages. Même s’il rencontre parfois des difficultés, il remercie Dieu, car conclut-il ce métier lui rapporte beaucoup.

Plus loin, un autre prestataire nous conseille qu’avec les services de transfert d’Orange money et Moby Money, on peut faire des dépôts et des retraits d’argents en toute sécurité à Herico et sans pourtant être obligé de voyager tout temps avec l’argent espèce.

Le hic dans tout ça, il ne pas rare de rencontrer  à l’occasion des marchés hebdomadaires certains enseignants ou élèves  qui boudent les classes pour faire le transport de taxi motos.

Aujourd’hui, les visages des marchés de Herico et de Wendou Feto se modernisent peu à peu à travers la construction des grands immeubles, boutiques et  magasins de stockages. D’où, pour les autorités notamment la mairie d’entreprendre des mesures allant à l’agrandissement, au lotissement et à la gestion moderne de ces marchés.

Avec ces nouvelles activités génératrices de revenus, la population tire une réelle satisfaction  et  l’économie rurale pourrait se porter mieux. Pourvu que ces activités, métiers et prestations soient encouragés, encadrés et règlementés. Ainsi, le salut pourrait venir de là pour décourager les candidats à l’exode rural ou l’immigration illégale.

Ibrahima DIALLO, de retour de Herico pour www.herico.org

A HERICO, tous les éléments sont réunis pour un échec programmé de l’éducation des enfants.

Les résultats du  brevet session 2017  à indigné plus d’un à Herico. Zéro admis, restera à jamais un résultat qui marquera les esprits de cette population.

Pourtant, si ce résultat est difficilement acceptable, l’origine de cet échec  ne date pas de cette année mais  plutôt l’accumulation des plusieurs manquements qu’enregistre  le système de l’enseignement et de l’éducation à Herico.

Entre manque d’enseignants qualifiés, la pléthore dans les salles de classe et dégradation avancée des Infrastructures scolaires, absence de matériels didactiques et fournitures scolaires, démission des autorités locale et parentale, le désintéressement des élèves au cours, ce sont autant des ingrédients qui pourraient implacablement justifier l’affaissement dans lequel se trouve l’éducation dans la S/P de Herico. Ici, tout le monde est coupable et innocent. Les enfants sont les victimes  potentielles et leur l’avenir hypothéqué, si on n’y prend pas garde.

Comment comprendre de la 7ème  à la 10ème année, seuls 3 enseignants titulaires et 2 contractuels qui dispensent  ou font semblant de dispenser  plus de 10 matières. Au niveau du primaire, l’ensemble des 25 écoles fonctionnelles totalisent un effectif de 2 648 élèves dont 1 281 filles. Le paradoxe, seulement  33 maitres dont 13 contractuels communautaires constitués en 60 groupes pédagogiques servent  l’ensemble des écoles primaires de la sous-préfecture. Soit un manque de 23 enseignants pour combler le vide.

Conséquences : les élèves  parcourent des km chaque jour  pour trouver des classées fermées parce que le maitre est absent ou à inventé un autre justif ? On peut retrouver des établissements à un seul maitre obligé d’enseigner dans une seule salle de deux niveaux différents (classe multigrade ou double flux).

Dans certaines localités, les écoles réalisées sur les efforts de la communauté ne répondent plus au standard actuel des infrastructures scolaires. Les écoles primaires de Pounta, Makarin, Telli Bofi, Pelli et kassifo se trouvent dans des piteux états et nécessitent urgemment  de nouvelles constructions, à défaut des rénovations. Et ce manque d’infrastructures et de maitres engendre un surpeuplement des élèves dans les salles de classes existantes.

A noter, si ces écoles communautaires peinent à  fonctionner par manque de maitres enseignants, quant au secteur de Kébou Wendou difficilement accessible se trouve dans un extrême besoin de la construction d’une école primaire au regard du grand nombre d’enfants scolarisables.

Le manque des latrines, des points d’eau, des clôtures dans les écoles, absence de moyens techniques et logistiques, bibliothèques scolaires, des APEAE peu efficaces, terrains de foot et équipements sportifs pour les élèves sont d’autres préoccupations non les moindres pour  l’éducation des enfants à Herico. Par ailleurs, si on peut se réjouir du nombre important d’enfants inscrits au début dans les établissements, on peut tout de même également déplorer le taux élevé des enfants déscolarisés, qui abandonnent à mi-chemin l’école. Pour quelles raisons ?

Des  questions qui méritent d’être posées : quel est le regard et la rigueur des parents dans le suivi des enfants ? La mairie et l’APEAE quelles sont les ressources intellectuelles qu’ils disposent pour évaluer  la qualité de l’enseignement donné ? Quelle la qualification et l’intégrité de ces enseignants qui profitent de la naïveté des autorités ? Aux ressortissants quelle est notre responsabilité dans l’accompagnement de ses enfants ? Et l’Etat joue-t-il son rôle?

En attendant de répondre  sérieusement et efficacement à ces interrogations, à Herico l’éducation des enfants est un ECHEC bien programmé avec la complicité impuissante de tous. En tout cas, tout le monde est imprégné de la situation scolaire à Herico. ‘’Tant vaut l’éducation, tant vaut une nation’’, dit-on. A chacun sa responsabilité !

Ibrahima DIALLO